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Que retiendra la Haute-Marne de cette ultime semaine de l’année ? Les chiffres de la démographie, peut-être. Ils sont ce qu’ils sont. L’analyse qu’on en fait, l’angle sous lequel on les observe m’interpellent. Tel le verre à moitié… à moitié quoi ? Soit on se lamente, ou, pour le moins, on constate que nous sommes toujours moins qu’avant. C’est factuel et mesuré. Soit on observe malicieusement que certains, autour de nous, tombent plus vite, plus bas. C’est factuel et mesuré.

Ne nous voilons pas la face : notre territoire reste en mauvaise santé. La fièvre jaune qui s’est emparée de nos ronds-points toutes proportions gardées plus qu’ailleurs est un indicateur de notre état de santé socio-économico-intello-moralo-ce-que-vous-voulez.

À la notable exception de l’UTT et de la métallurgie, dès qu’un jeune part se former nécessairement à l’extérieur, on peut le considérer comme perdu pour la Haute-Marne.

À la notable exception du judo, dès qu’un de nos sportifs performe, nécessairement à l’extérieur, on peut le considérer comme perdu pour la Haute-Marne.

Il faut être plumitif très très laborieux pour assumer résolument qu’une forme de vie “intéressante” peut perdurer le long des rives du cours haut de la rivière Marne.

Mais…

Mais vous n’imaginez tout de même pas, lecteurs fidèles et aimés, que nous allons terminer là et las cette année !

J’ai échangé cette semaine avec une Haut-Marnaise aujourd’hui mère de trois enfants. Enfin, quand je dis “Haut-Marnaise”… Elle est née ici, dans un moulin caressé par les flots de la Marne. Elle a grandi ici. Mais son métier l’a amenée à travailler de l’autre côté de l’Atlantique et maintenant en Asie. Elle a donc trois enfants qui, entre eux, parlent anglais et posent sur la vallée du Rognon un regard incrédule. Elle est brillante, réfléchie. On parlait de ses enfants, justement, qui jouaient avec leurs cousins d’ici ; de l’éducation qu’elle veut leur offrir, des repères qu’elle veut leur donner, après avoir sillonné le vaste monde.

Le croirez-vous ? Notre bouteille – notre ici et maintenant – ne tend pas en tout domaine vers le vide et moins l’infini. Sans doute faut-il partir pour le percevoir.

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