Orages, ô désespoir, ô jeunesse amie

Que retiendra la Haute-Marne de cette 23e semaine de l’année ? Les orages sans doute. Les pieds dans le courant, au milieu de la nuit, à Orges, j’ai pris la mesure (au-dessus des genoux) du changement climatique. Ici, en Haute-Marne, on ne peut plus dire qu’on ne savait pas, que même si c’est pas sûr, c’est quand même peut-être, et que c’est réservé aux tropiques. Ce dérèglement-là nous touche déjà. Il faut se laver les pieds, mais on ne peut pas se laver les mains.

Voilà pour le plus grave. Maintenant, rions ensemble ;

Le viaduc. L’emblématique viaduc qui fait la fierté de la ville, l’emblème du CVB : il prend l’eau ! Mais lui, c’est par le haut. Les travaux ont commencé en 2016. On est en 2018. Ils ont coûté 3 millions d’euros… pour rien. Il faut juste tout refaire. Les travaux recommenceront au printemps 2019. Chut, hein. Promis ?

De l’eau, toujours, il s’en trouve aussi dans le canal qui jouxte Luzy. Vous me voyez venir ? LE pont de Luzy. Aujourd’hui, c’est un monument, mais la bienséance m’interdit de préciser ici à la gloire de quoi. En janvier 2015, l’unique pont qui relie le village et son usine à la nationale est coupé. Un excellent confrère écrivait alors qu’on en avait pour deux ans. Hum, hum…

Trois ans et demi plus tard, Luzy constate que le seul pont qui marche reste celui du 1er mai. Pour celui du canal, un vil détail, une infime imprécision de près de 4 tonnes dans le poids du tablier (une erreur de 30 % tout de même !) a pour conséquence qu’il est toujours fermé.

Il n’y a pas que le plumitif astreint à chronique qui soit laborieux. Et d’autres gagneraient à s’astreindre à davantage de rigueur. Les cas du viaduc et du pont sont à désespérer.

Mais le désespoir ne saurait conclure notre rendez-vous hebdomadaire. J’ai assisté cette semaine au concert d’une chorale associant des adultes (Amal gamme) et des élèves d’un collège privé plutôt catho et d’un collège public d’un quartier sans clocher, la Rochotte. Ils se sont tous mélangés, mais peu importe ici.

Si vous êtes comme moi, vous devinez confusément qu’un moment est exceptionnellement beau quand vous ne savez pas le dire ; quand les poils se dressent sur la peau ; quand le viseur de l’appareil photo perd sa netteté, mais pas à cause de l’autofocus. Il n’y a que l’art, servi par le spectacle vivant, pour nous réconcilier aussi vite, aussi intensément, avec la Haute-Marne et plus encore les Haut-Marnais ; les jeunes haut-marnais. Notre avenir. Heureusement, nous avons de bons, de très très bons enseignants en Haute-Marne. Merci Madame Capelle.

JHM du  10 juin 2018

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