Méthode

Que retiendra la Haute-Marne de cette 34e semaine de l’année ? Le dernier séjour des Tsiganes ? Mais au fait, ces 25 000, 30 000 ou 35 000 personnes supplémentaires, qui étaient-elles pour à ce point cliver nos âmes bien pensantes, tourmenter nos filles, convoiter nos toitures moussues, et allonger les files à la caisse des commerces débordés/fascinés par les liasses de billets de 50 ?

Des Tsiganes, comme nous l’avons écrit ? Des Tziganes comme l’écrit Zsa Zsa Brinzwiska (Blécourt) ? Des Français, assurément. Mais pas très catholiques. Ne serait-ce donc pas plutôt une histoire de religion ? Je le rappelle, il s’agissait d’un rassemblement évangélique ; la foi reste le motif de leur – a priori – ultime venue en Haute-Marne. Je ne sais pas grand-chose sur cette église évangélique ; je n’entends rien à leurs prêches enflammés anti-tout ; leurs prédicateurs donnent l’impression d’improviser, ce qui les amène à des prédications encore plus soporifiques que certains articles que la confraternité m’interdit d’évoquer ici.

Vous l’avouerais-je, les Ts(z)iganes évangélistes ou Évangélistes ts(z)iganes m’ont surtout appris des choses sur nous ; ne serait-ce qu’à travers les prix de certaines denrées, bizarrement inflationnistes en août. À ceux qui envisageraient d’aller au-delà des apparences et de dépasser les limites étriquées de cet articulet, je suggère la lecture du chapitre III de la première partie de Cosmos, de Michel Onfray*.

A propos de moyen-âge, j’ai eu la confirmation, avec l’étonnant Festival médiéval de Montsaugeon, à un jet de fronde des expositions et concerts exceptionnels de l’Abbaye d’Auberive, que le sud du département ne s’est pas résigné, lui, à l’inéluctable déclin. Parmi les gros balaises encapsulés sous 20 kg d’armure pour se bastonner à coups d’épée sous le soleil au zénith, je repérais une jeune femme intelligente (ingénieure), jolie comme un cœur, dans les 55 kg une fois décortiquée. Elle m’a fait songer à la Haute-Marne. On ne dirait pas, comme ça… Elle a donné quelques coups magistraux à des types presque deux fois plus lourds qu’elle ; elle est championne de France, vice-championne du monde. Là où personne ne l’attendait. Et un de ces sourires…

Dans le cas de cette Jeanne d’Arc contemporaine, tout comme pour Montsaugeon, Auberive, Montier, on s’est fixé l’excellence comme objectif. Ensuite, on s’est donné les moyens de l’atteindre. La méthode en vaut bien d’autres.

* Michel Onfray : Cosmos ; J’ai lu 11378. 730 pages. 9,50 €

JHM du 26 août 2018

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