La vie, ici

On sait tous ce que retiendra la Haute-Marne de cette sinistre semaine. On ne l’oubliera pas de sitôt. On peut craindre que les prochaines semaines soient dans la même veine. Le hasard fait que je connais depuis l’enfance une des victimes haut-marnaises du virus. Une des premières, parmi nous. C’était une femme généreuse, qui a élevé ses enfants dans de saines valeurs altruistes. La Grande Faucheuse est aveugle.

Le monde entier et nous avec traversons une crise majeure. Toute crise, en tout domaine, commence par révéler et finit par accoucher, quand elle meurt. Dans le monde entier et ici même, elle révèle les tempéraments : les craintifs, les égoïstes, les téméraires, les bienveillants, les brasseurs d’air, les efficaces, ceux qui rapetissent et ceux qui grandissent… Chacun de nous est un savant mélange, à proportions variables, de tout cela. La tension nous permet d’y voir un peu plus clair. Entrevoir, deviner, n’autorise pas à juger.

La Grande Faucheuse finira bien, vous verrez, par connaître des crampes aux deltoïdes. Elle baissera les bras, nous lèverons les nôtres.

Une fois la faux à terre, l’épidémie accouchera-t-elle d’un autre monde ? Pas sûr. Un monde un tantinet différent, espérons-le ; une parenthèse qui nous incite – pour un temps – à savourer le présent, la santé, la famille, les amis, les amours, et à relativiser les emmerdes.

La vie restera ici. Quel que soit le moment, ce sera le printemps. J’ai hâte. En attendant, prenez soin de vous et du voisin.

JHM du 22 mars 2020

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